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L'Entre-Deux Lettres

Les dégâts magnifiques

le 21/07/2010 à 00h40


C'est parce que quelque chose en moi m'empêchait d'avancer
Une alarme qui sonnait à chaque pas que je faisais,
Parce que les blessures de l'enfance qui sommeillent
Sont autant de démons en moi qui se réveillent
Dansent une valse morbide et intime
S'emparent de moi et me déciment,

Que je ne pouvais pas aimer.

C'est parce que je voulais dormir
Et ne jamais plus m'éveiller,
Parce que je préférais mourir
Que me risquer à m'élever.

Que je ne pouvais pas aimer.

Et le cœur veut, mais la raison s'impose.
A trop se protéger on pose,
Des bombes qui en son cœur implosent,
Quand on essaie d'y entrer.

C'est parce que
De ton seul amour
Tu as tout fait exploser,
Tout décimé.
Que je ne sais plus faire
Que t'aimer.
 
Parce que tu es près de moi
Que mes démons peuvent contempler
Désormais
Ces dégâts magnifiques
Que tu as créés.

Ces images de toi et moi
Enlacés.
 
Ce souvenir de notre premier baiser.

Demain

le 21/07/2010 à 00h19

[Texte rédigé le 21 Septembre 2007]

 

Quand le soleil perce le matin à travers le petit store en toile qui recouvre la fenêtre, et qu'il vient délicatement me réchauffer les joues et me réveiller, je devrais être heureuse de démarrer une nouvelle journée ensoleillée, une journée qui commence par la douce chaleur d'un petit soleil de septembre.

Pourtant, le matin, quand le soleil perce, je suis déjà énervée. Je ne veux pas de cette douce chaleur sur mes joues, ni même de ce réveil en douceur. Je ne veux simplement pas me réveiller.
Les pensées qui m'envahissent dès que j'ouvre les yeux ressemblent à celles d'une personne qui se retrouve confrontée à une catastrophe bouleversante. Je peux même vous les transcrire "Et merde, encore une journée à vivre", et vous les décrire: la sensation de panique, de tristesse, de lassitude, de désarroi.

Est-ce que la question "pourquoi suis-je né(e)?" vous a déjà traversée l'esprit sans que vous n'ayiez jamais pu y répondre?
Personnellement, elle le traverse depuis des années déjà, sans que je ne puisse encore y répondre, si ce n'est peut-être un "pour rien".

Oui, je me sens inutile ici bas. J'ai la sensation de ne pas avoir été envoyée sur la bonne planète, ou qu'on m'a catapultée sur Terre pour être l'affreux cobaye de la depression éternelle. Chaque jour qui passe pèse un peu plus lourd sur mes épaules, et me laisse dans une souffrance encore un peu plus lourde à porter d'attendre en vain la fin de cette vie dont je n'ai pas trouvé le sens.

On dit que la vie a un sens, que chacun y donne celui qu'il veut, et que c'est ce qui lui fait comprendre pourquoi il vit.
Je ne vois aucun sens à la mienne. Ce n'est pas faute d'avoir cherché. Il fut un temps où je me raccrochais encore aux études. Désormais, elles comptent elles aussi parmi les choses qui ont disparu du champs de mes motivations à vivre.
En clair, que me reste-t-il pour me lever le matin? L'espoir, infime, mais toujours là, que ça pourrait aller mieux un jour. L'espoir, infime, mais toujours là, que cette journée ne sera pas comme les autres.

On m'a déjà conseillé de mieux rythmer ma vie. Sortir, aller voir des expos gratuites, visiter des musées, me ballader, lire, dessiner.
Oui, ce sont des activités que j'aime. Il y en a même que j'adore et dont je ne me passerais pour rien au monde.
Pourtant.. quand déjà vous n'avez plus envie de vivre, tout ce qui se rapporte à de la vie vous indiffère.
Par conséquent, conseiller de vivre et de positiver et relativiser à quelqu'un qui est dépressif, c'est comme conseiller d'imaginer la vie à quelqu'un d'aveugle qui désespère de savoir à quoi elle ressemble. Cela lui semblera absurde, dénué de sens.

Certaines personnes croient que je le fais exprès, que je me créé des problèmes. Je ne peux pas dire qu'elles aient totalement tort. Effectivement, mes problèmes sont psychologiques, ils ne sont pas concrets. Personne n'est venu me les fourrer dans le crâne pendant que je dormais, je me les suis créés, oui. Mais je ne saurais vous dire comment, je ne saurais vous dire pourquoi. Elles sont là, mes idées noires, elles ont grandi dans mon esprit sournoisement et m'appellent du fond des mes ténèbres.
Je ne suis pas responsable de mon mal-être. Il est là, je le vis. Tout ce dont je suis responsable, c'est de ne pas réussir à comprendre en quoi il est absurde, et pour quelle(s) raison(s) est-ce qu'il pourrait disparaître.

Ma vie se compose à 90% d'un ennui et d'une solitude indescriptibles. Je ne peux pas dire que je n'ai pas d'amis, j'en ai. Mais heureusement pour eux, ils ont une vie bien remplie, eux, et je ne suis pas ce qu'il y a de plus divertissant, malheureusement. Je sais les écouter et les conseiller, je sais leur dire où est le sens de leur vie. Oui, dire à des tas de personnes pourquoi ils vivent, cela ne me pose aucun problème. Seulement, l'ironie macabre dont je suis victime fait qu'en ce qui me concerne, j'en suis incapable.

Et les gens qui m'entourent désespèrent même de me voir si noire. Ils me comprennent parfois, mais ne peuvent pas m'aider. Et je ne leur en veux pas. Je sais ce que c'est, que de se sentir impuissant face à des problèmes abstraits. J'en fais l'expérience tous les jours. Et le plus grand malheur dans tout ça, c'est que je suis condamnée à vivre avec nuit et jour, bien que mes nuits m'en libèrent le temps d'un rêve pour mieux me les asséner au réveil.

Alors, je vais comme toutes les nuits aller m'allonger, dans mon grand lit vide. Le seul endroit où je me sens finalement bien. Un lit, quand on y est seul, ne fait pas partie d'une vie. Il est comme le refuge où on s'isole quand on n'a pas envie de vivre. J'y ferais bien ma vie d'ailleurs. Rien de ce qui est extérieur ne compte quand j'y suis. C'est comme le creux de mon esprit qui serait alors libéré de ce monde dans lequel je ne me reconnais pas et qui, du même coup, ferait disparaître cette sensation de non vie, de non adéquation.


Demain matin, je pense que je me réveillerai. Je pense aussi que je me lèverai, et que j'irai me battre pour ma survie. Toujours sans savoir pourquoi, toujours avec l'intime certitude de faire tout cela pour rien. Toujours en me demandant à quoi cela pourra bien servir, de manière presque machinale et résignée.

Demain, rien n'aura plus de sens qu'aujourd'hui, mais il faudra quand-même se lever et l'affronter, faute de pouvoir mettre fin à cette vie.

Face your fears

le 21/07/2010 à 00h12

 

 

" Contre elle-même, elle prend les armes et souvent s'y lance "


Elle compte, les jours, les heures, les minutes, qui séparent son être de ce mal insidieux qui se répand en elle. Elle se force, à sourire, rire, vivre, se lever et avancer.

Elle écrit, crache, pleure, ses démons et sa peine, sa souffrance et son manque de veine.

Elle passe, son temps  à se regarder, s'admirer, se détester. Ce miroir, ce regard, cette image, ce visage.

Son temps à espérer, qu'un jour sera où elle n'aura plus goût à se torturer.

Le Crime Parfait

le 20/08/2009 à 22h39

 

 

Des formes et des formes, encore des formes, toujours des formes.
J'essaie de fermer les yeux pour ne pas les voir mais elles sont là.

Impossible de faire l'impasse sur ce ventre trop rond et ces épaules élargies par la graisse : je me vois comme une boule surmontée d'une toute petite tête de poupée mignonne. Un culbuto quoi. Un de ces jouets qui roule quand on le pousse.
Impossible de retrouver cette légèreté que j'avais de temps en temps quand je ne mangeais pas, pour compenser.
Je n'y arrive plus.
Je finis toujours par manger.

Et quand je n'ai pas faim, c'est de boissons sucrées dont j'ai envie.
Lorsque je bois ma première gorgée, j'ai l'impression d'être une droguée en manque. Le plaisir est intense, presque orgasmique, et il me soulage et m'apaise plus vite que toutes les séances de yoga ou de relaxation du monde.

Je me sens.. bête. Bête et inutile. Moche et grosse. Indésirable. L'impression de ne susciter aucun désir, et la conviction intime que c'est le cas.

Je ne me sens à l'aise dans aucun des vêtements que je porte. La plupart du temps ils me serrent le ventre comme si j'avais mis une ceinture trois fois trop petite pour moi. Dès que je m'assoie, j'ai le ventre qui passe par-dessus-tout et mon corps qui perd la forme d'un corps, qui devient des chairs accumulées vulgairement, tentant désespérément de trouver une place où elles ne seront pas trop malmenées.

C'est à peine si j'ose me regarder dans un miroir.

C'est à peine si j'ose me déshabiller devant Lui.

Ce n'est pas pour cacher ma poitrine de ses yeux que je la cache, non. C'est pour ne pas qu'il voie qu'elle pourrait bientôt reposer sur mon ventre.
Ce n'est pas pour le confort que je pose souvent un coussin sur mon ventre dans le canapé, non. C'est pour cacher mon ventre et la forme trop ronde qu'il prend dès que je m'assoie, c'est pour l'aplatir et le confondre..
Ce n'est pas pour paraître intelligente et distinguée que je pose souvent une main sous mon menton, non. C'est pour cacher ce double-menton naissant que lui-même aimerait voir disparaître.
Ce n'est enfin pas parce que j'ai froid que je pose la couverture sur moi, non.. C'est pour cacher ces bras trop potelés que je déteste... Tout comme je déteste quand il y touche en les tâtant, même si c'est avec tendresse.

Ce n'est pas pour lui que je pleure des fois dans le lit, en essayant de lui cacher. Ce n'est pas pour lui faire du mal que je ne lui réponds pas quand il me demande ce que j'ai, non. C'est parce que je me sens honteuse de me détester à ce point, alors qu'il m'aime. Honteuse de penser qu'il serait mieux avec une fille plus mince, plus grande, plus jolie. Plus intelligente et passionnée, moins silencieuse et réservée.

J'aimerais aller bien et m'assumer, mais mon esprit me rappelle tous les jours que c'est impossible, et mon corps ne cesse de m'envoyer des signaux d'alarme, pendant ce temps là.

 "Tu te fatigues, tu transpires, plus vite qu'avant, trop vite. T'as mal au ventre dès que tu manges, tes pantalons te serrent, t'as l'estomac en vrac. Un peu comme quand tu crisais.. ""

Je suis désolée sans vraiment savoir pourquoi. Je ne suis pas responsable de ces images médiocres de moi qu'on m'a foutu dans la tête comme on remplit une bouteille avec un entonnoir. Pas responsable de ces regards méprisants qu'on me lançait quand j'essayais d'être jolie. De ce rire sarcastique quand j'essayais de maigrir.

Je ne suis pas responsable mais je suis la seule responsable. Mes bourreaux n'ont pas laissé d'empreinte. D'eux, il ne reste que moi :

Un crime parfait.



Couchée dans l'herbe humide, une image me traverse l'esprit: celle du futur, de l'avenir, de ce que je deviendrai demain, et le jour qui suit.
Je panique, et une certitude s'empare de moi.
Je veux juste rester comme ça, ne plus bouger. Rester avec lui à mes côtés, des étoiles plein les yeux et des papillons dans le ventre. Ne plus penser.

Mon amour me sourit, mon amour m'embrasse. De l'incertitude je me débarrasse.
Une chaleur douce envahit mon corps, parcourt ma peau, je m'endors.

Je suis l'ennemie de la vie, l'amie de la mort, et je fleurte avec le temps en l'emprisonnant dans mon corps.

Suspendre le temps, le faire disparaître. Ne jamais rien faire renaître. Plus de coucher, plus de lever. Le jour comme une nuit continuelle où je m'endors dans ses bras, apaisée.

Suspendre le temps, et par la même occasion, cette angoisse d'être un jour abandonnée.


Enfin ivre de tous ces moments de bonheur vaporeux, qu'on garde si peu de temps au fond des yeux. Je me laisse aller.

Enfin figée...
... dans un monde où constance rime avec réalité.

Plus d'avant, plus d'après.


Alors, en toute impunité..

Prendre ce rêve en photo pour m'y emprisonner.

Et ne plus jamais en sortir,


Jamais.